"_Vous savez, Monsieur, il l'aimait.
_ Et alors ? L'amour ce n'est pas mon problème. Ce sentiment ne me concerne pas. Moi je vous parle de sa vie, sa vie vous comprenez ? Le reste m'est sans importance.
_ Mais sa vie, c'était son amour, Monsieur.
_Sentiment futile. Elle était belle, d'accord. Elle était douce, d'accord. Elle était brillante, elle était drôle, joyeuse, distinguée, d'accord. Mais lui était encore plus brillant, encore plus beau, il était quelqu'un vous savez. Et maintenant, il n'est plus rien.
_Je suis désolé Monsieur. Mais peut-être qu'avec un peu de temps, il réussira à vivre de manière un peu plus gaie.
_Ce que je veux, c'est qu'il revienne. Je me fiche, oh combien, d'une quelquonque gaieté qui reviendrait peu à peu à lui. Et puis le temps, c'est comme l'amour, ça vous joue des tours. Avec un peu de temps vous pensez ? Mais qu'est-ce qu'un peu ?
Vous voyez, c'est tellement vague. Alors comment voulez-vous esperez qu'il revienne ?
_Je croyais que vous esperiez qu'il revienne.
_Je veux qu'il revienne. Mais esperer, ce serait s'abandonner à la folie.
_Monsieur...
_Combien de temps ?"